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Dynamiser la Vallée de Joux sans la dénaturer : la vision de l’ADAEV

Directeur de l’ADAEV et secrétaire de la SIC, Laurent Reymondin défend une approche du développement économique qui conjugue attractivité, qualité de vie et soutien aux acteurs locaux.


Directeur de l’ADAEV et secrétaire de la SIC, Laurent Reymondin défend une approche du développement économique qui conjugue attractivité, qualité de vie et soutien aux acteurs locaux. Entre ralentissement conjoncturel, enjeux de formation et future marque territoriale, il revient sur les défis et les opportunités qui attendent la Vallée de Joux.

Un outil pour renforcer l’économie “présentielle”

Pour Laurent Reymondin, la plateforme VDJ 360 s’inscrit pleinement dans les missions de l’ADAEV, dont la vocation est de soutenir l’économie régionale tout en préservant l’équilibre du territoire.
Il rappelle que l’objectif n’est pas une croissance à tout prix, mais un développement harmonieux : « Ce n’est pas le développement à tout prix, mais de trouver les équilibres pour que le développement soit possible dans les meilleures conditions possibles. »

Laurent Reymondin

VDJ 360 joue un rôle clé dans cette dynamique en mettant en lumière la vitalité locale : « On a souvent des gens qui nous disent qu’il ne se passe jamais rien à la Vallée de Joux… mais s’ils lisaient un peu la Feuille et Vallée de Joux 360, ils se rendraient compte qu’il y a de quoi remplir l’agenda tous les soirs. »

Communes, canton, SIC : une collaboration à affiner

La relation entre VDJ 360 et les communes évolue, notamment en vue de la fusion prévue en 2027. Les communes financent désormais le poste de chef de projet, mais la répartition des rôles reste à clarifier. Selon Laurent Reymondin, il faudra éviter les doublons : « Il faut qu’on travaille en intelligence pour se répartir les tâches. La commune doit communiquer sur l’institutionnel, mais la mise en avant de l’économie pourrait être soustraitée à Vallée de Joux 360. »

Le canton, de son côté, soutient fortement la démarche : « Le canton voit d’un très bon œil ce projet… c’est vraiment un outil de promotion de l’économie présentielle. »

Attirer des talents audelà de l’horlogerie

La future marque territoriale constitue l’un des chantiers prioritaires. Elle vise à renforcer l’image de La Vallée et à attirer des profils variés, notamment dans les métiers non horlogers. Laurent Reymondin souligne l’enjeu : « Engager un horloger, c’est peut-être le rêve de tous les horlogers du monde… mais engager un informaticien ou un logisticien, c’est difficile. »

L’objectif est donc de mieux faire connaître les atouts du territoire : nature, activités, qualité de vie, infrastructures. « On doit faire connaître tout ce qui existe à la Vallée de Joux pour que les gens se rendent compte qu’en fait, ce n’est pas si mal ici. »

Former et retenir les jeunes : un enjeu stratégique

La formation est un axe majeur pour l’ADAEV. Les projets menés avec l’École technique (ETVJ) visent à renforcer les capacités de formation dans les métiers techniques, mais aussi à attirer des apprentis dans d’autres secteurs. Le défi est réel : « C’est très difficile de faire venir des jeunes de l’arc lémanique pour un apprentissage… La marque territoriale est extrêmement importante pour montrer qu’on a tout ce qu’il faut à La Vallée. »

Gouvernance et financement : stabiliser un projet devenu incontournable

VDJ 360 est aujourd’hui porté par la SIC, mais son importance croissante pose la question de sa structure future. « Actuellement, ça n’a pas de statut juridique… il faudra imaginer si on doit faire une association ou une SARL. »

Le financement reste le principal défi : « C’est le nerf de la guerre… c’est difficile de générer des recettes par rapport à cette mission. »
Dans un bassin de 7’000 habitants, la diversification des ressources est limitée, mais certains projets comme les bons cadeaux, sont conçus pour devenir autofinancés.

Une petite région qui doit affirmer son existence

Pour l’ADAEV, la promotion du territoire est essentielle : « La Vallée de Joux est une région rurale périphérique… on doit réfléchir à comment exister au niveau cantonal et fédéral. »
La marque territoriale devra ainsi renforcer la visibilité de la région et rappeler ses atouts dans un paysage économique compétitif.

Entre attractivité, formation, soutien aux commerces et gouvernance à stabiliser, la Vallée de Joux avance dans une période charnière. Pour Laurent Reymondin, l’enjeu est clair : préserver l’équilibre entre dynamisme économique et qualité de vie, tout en donnant aux acteurs locaux les outils pour affronter les cycles économiques. La future marque territoriale, portée par l’ADAEV, la SIC et les communes, pourrait bien devenir le levier qui permettra à la région de s’affirmer durablement sur la carte cantonale et nationale.

par Carmen Mora
pour Vallée de Joux 360