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Envie de faire une formation
en Haute Horlogerie ?
Un challenge qui se relève
à la Vallée de Joux

Focus sur l’un des parcours possibles : la formation duale école/entreprise chez Jaeger-LeCoultre.

Les manufactures de la Vallée de Joux sont prises d’assaut chaque année par les apprentis désirant travailler un jour dans le graal de l’horlogerie : les ateliers des Grandes Complications. Pourtant, aucun diplôme ne conduit directement à cette fonction.

Obtenir un poste en haute horlogerie : la Grande Complication

« Il faut savoir qu’il n’y a pas de formation qui conduise directement à la case “Spécialiste” », explique Cédric Torres, responsable de la formation des apprentis chez Jaeger-LeCoultre. En effet, comme dans beaucoup de formations, il faut passer par la spécialisation pour acquérir l’expérience nécessaire à devenir expert. « C’est comme un mécanicien auto qui voudrait commencer directement sur un moteur de F1 », continue Cédric Torres. « Il devra déjà bien maîtriser et avoir l’expérience de moteurs “standards” ou de moteurs de compétition inférieure, avant d’accéder à la F1. »

En dernière année seulement, les apprentis se frotteront au chronographe, à la pendulerie, à la restauration et ils auront également un stage en service après-vente. « Ce stage est très parlant car il faut être bon et rapide face aux clients. Mais ces futurs grands horlogers passeront par toutes les étapes, comme ceux qui ont fait un CFC en trois ans ou une AFP en deux ans », détaille Cédric Torres. Désenchantement pour les uns, mais challenge pour les autres.

De grandes vitres donnant sur la plaine de la Vallée de Joux, une dizaine de postes parfaitement équipés : bienvenue dans l’atelier, dédié à la formation de la « Grande maison » ©sigridflory
Dans les centres de formation d’entreprise, tout est planifié pour permettre la réussite des apprentis

De grandes vitres donnant sur la plaine de la Vallée de Joux, une dizaine de postes parfaitement équipés, deux formateurs triés parmi la crème de leur secteur et formés à enseigner : bienvenue dans l’atelier, dédié à la formation de la « Grande maison ». Ici les apprentis sont douze au maximum et seront encadrés par les deux formateurs quatre jours dans l’entreprise avant de retourner user les bancs de l’Ecole pour la journée d’apprentissage

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

Chez Jaeger-LeCoultre, deux CFC sont possibles pour devenir horloger en formation duale : une formation en trois ans d’horloger de production et une formation en 4 ans d’horloger, anciennement « horloger rhabilleur ».

Que faut-il savoir avant de postuler ?

Un peu moins glamour que la Saint-Valentin, mais non moins important, le 14 février est aussi la date des sélections à l’Ecole technique de la Vallée de Joux. Les entreprises rencontrent donc les élèves en amont afin d’évaluer les compétences et de leur proposer une éventuelle place pour une formation duale école-entreprise plutôt qu’une formation en école. Y seront testées la motivation bien sûr, mais aussi les connaissances scolaires et les capacités manuelles. A motivation et capacité égales, habiter la Vallée de Joux ou les Rousses jouent en faveur du candidat. L’entreprise fournit une liste de logements et possède des appartements d’urgence si nécessaire.

Une des formatrices en train de vérifier le travail d’un apprenti au sein de l’atelier de Jaeger-LeCoultre. ©sigridflory
Paroles d’apprentis :
Le rêve de Kelian : pouvoir rester à la Vallée de Joux à la fin de sa formation.

Kelian Dramailler-Bontemps est en troisième année de CFC d’horloger, il vient de Divonne-les-Bains et habite désormais au Sentier. Pour lui la formation école était exclue puisqu’elle est payante pour les étrangers, il a toutefois choisi Jaeger-LeCoultre car c’est l’une des seules manufactures à proposer une formation duale en quatre ans.

« C’est prenant et difficile, mais pour voir la beauté et le luxe, il faut donner de soi », explique-t-il. « Vivre à la Vallée de Joux c’est idéal, tout est calme et pourtant, il y a tout à proximité. Mon rêve est de pouvoir continuer à vivre ici après ma formation ». Un rêve sûrement accessible puisque l’entreprise se fait un point d’honneur d’embaucher les apprentis formés au sein de l’horlogerie qui désireraient rester.

Pour Aurèle, un objectif : travailler un jour dans les Grandes Complications.

Aurèle Bonvin vient du Valais, et il est en 3e année d’horloger. « Il n’y a pas de formation d’horlogerie dans le Valais, et plus jeune, je ne me voyais pas venir vivre seul à la Vallée de Joux. J’ai donc commencé par un apprentissage en informatique chez moi, puis j’ai postulé dans les différentes manufactures, ici à La Vallée, où j’ai été admis chez Jaeger-LeCoultre ». Comprendre le
fonctionnement, découvrir des mouvements de plus en plus compliqués, le spiralage, le pivotage, c’est la passion d’Aurèle qui rêve d’intégrer un jour les Grandes Complications. « C’est ici, à La Vallée, que l’on fait les plus belles montres », résume Aurèle Bonvin. Et en effet, tout est dit.

De gauche à droite Aurèle Bonvin, Kelian Dramailler-Bontemps, le responsable des formations Cédric Torres, et Léo Jobin. Comme souvent, plusieurs sont en « journée école », ainsi la formation avance très vite pour les apprentis encadrés par deux formateurs. ©sigridflory

Travailler au sein des Grandes Complications est difficile mais pas impossible, et les lieux qui y prépare le mieux se trouvent à la Vallée de Joux. Pour y accéder il faudra obtenir le CFC d’horloger en 4 ans bien sûr mais aussi acquérir de l’expérience et faire des formations. Ajouter à tout cela, patience et une bonne dose de talent, et le Graal se trouvera à votre portée.