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Un coeur tout neuf dans une enveloppe de 1950

Caprice 2

Le bateau historique de La Vallée navigue désormais avec un moteur rénové qui devrait durer trente ans. L’opération a nécessité une levée de fonds.

La saison estivale n’est pas encore commencée, du point de vue de la météo comme du calendrier, mais la mise à l’eau du Caprice II et son ouverture au public, samedi dernier, est une étape qui pointe dans cette direction. C’est un fleuron du tourisme local remis à neuf ou presque qui est désormais ancré au Pont et voguera tous les week-ends, puis tous les jours dès juillet.

Problème au démarrage

L’an dernier, le Caprice II a pu naviguer à satisfaction – sauf peut-être du pilote Pascal Charpilloz: le vénérable moteur Ford des années 50 connaissait des soucis au démarrage. Une
solution de secours a été trouvée pour finir la saison, mais il était clair qu’une intervention plus en profondeur serait nécessaire à l’automne. Des contrôles effectués par Romain Gras, mécanicien indépendant Sus-la-Rose, ont établi la nécessité d’une révision complète pour
le moteur de près d’une demi-tonne, pour sept litres de cylindrée.

Un mois et demi de travail

Le moteur a donc été extrait du bateau et convoyé à Aclens, chez le spécialiste Bühler et Favre, qui l’a désossé et a changé les composants défectueux, notamment les injecteurs et l’arbre à
cames. L’opération a pris un mois et demi. «La recherche des pièces neuves de remplacement a été longue. Elles ont toutes été trouvées en Suisse, sinon en Allemagne», commente Romain Gras. Lui-même s’est ensuite occupé de remonter les agrégats, ainsi que de la partie électrique: éclairage, sonorisation et même l’adjonction d’un sonar GPS. Des croisières nocturnes sont désormais possibles, en théorie; c’est surtout à la navigation par brouillard
que ce système servira.

Bon pour trente ans

Un travail sur le plancher, les bancs et même des coussins brodés ont parachevé ce gros effort, rendu possible par des partenaires financiers locaux et régionaux, pour un budget de quelque deux cent mille francs. Dans quinze jours, une manifestation est prévue pour remercier les sponsors. Les deux hivers précédents, le Caprice avait déjà subi des réfections: compartimentage anti-feu du moteur, coque et étraves le tout en bois ainsi que travaux en peinture extérieure. C’est au prix de tels investissements réguliers que La Vallée peut se prévaloir d’un des plus beaux moyens de transport en Suisse, titre décerné par le Patrimoine
suisse. Et Romain Gras promet: «On est bons pour trente ans avec ce moteur révisé!» – suffisamment de temps pour que le projet Caprice III, à propulsion «verte» terriblement coûteuse, trouve son chemin?