Une histoire de boules

Ll y a une grande différence entre la pétanque et le jeu de boules

A La Vallée, dès que les beaux jours reviennent, il n’est pas rare de voir les aficionados des jeux de boules investir les terrains pour passer du bon temps et manger quelques grillades. Si certains considèrent ce sport comme étant un loisir, d’autres, bien au contraire, le prennent très au sérieux et participent même aux compétitions internationales. Car il y a une grande différence entre la pétanque et le jeu de boules, dit boule lyonnaise.

Boule ferrée

Le club Boule ferrée Vallée de Joux existe depuis 1961. Créé par une bande d’amis et des bergamasques en mal du pays, le club est aujourd’hui titulaire de plusieurs titres nationaux et participe activement aux compétitions internationales. Avec une quinzaine de membres actuellement à son actif, le club peut s’enorgueillir d’avoir onze licenciés qui appartiennent à la Fédération suisse du Sport Boules: 3 féminines dont Aline Berthou, Championne suisse féminine de l’épreuve de point en titre, depuis deux années de suite. Il compte quatre juniors, également du cadre Suisse et des seniors encore très actifs, puisqu’Emanuele Franchini est non seulement président du club combier mais aussi entraîneur national, et son frère Nicola est président de la Fédération suisse et vice-champion suisse de tête-à-tête (un contre un). «Dès qu’il y a une compétition, on fait partie de la sélection, indique Emanuele Franchini. On part à l’étranger quatre à cinq fois par an, on fait les championnats européens, les championnats du monde: on est allés en Italie, en Espagne, à Monaco et même en Argentine! On a gagné plusieurs concours nationaux, nous sommes d’ailleurs vice-champions suisses en club! Nous sommes peu mais on bouge, on s’investit pas mal, on a même un bus pour nos déplacements. Actuellement on prépare les sélections pour aller à Alassio en Italie, participer à une compétition internationale. On va régulièrement, deux fois par an, presque tous les ans, à Monaco, jouer sous le palais, dans un cadre magnifique. Pour s’entraîner, de septembre à mai on est obligés d’aller en plaine dans un boulodrome couvert, la météo combière ne nous permet pas d’utiliser nos terrains du Brassus toute l’année, malheureusement. Le club serait ravi d’accueillir de nouveaux membres!»

Pétanque

Ne pas confondre ce sport de loisir, dit provençal, avec la boule lyonnaise. A l’Amicale de Pétanque Vallée de Joux, l’ambiance est nettement plus décontractée. Créée depuis six ans, cette amicale n’a pas de licenciés. Fabrice Piazzini, président de l’amicale, a délaissé les sautoirs de compétition pour les terrains plus conviviaux de pétanque. Avec une vingtaine de membres, l’amicale organise un tournoi par an, à L’Orient, généralement le week-end précédant la rentrée scolaire d’août. «C’est une compétition à la bonne franquette, explique Fabrice Piazzini, on joue puis on prend l’apéro. Quelques membres apportent également de quoi se sustenter, on passe tous un bon moment, on s’amuse plus qu’autre chose. C’est un sport de plein air, on s’entraîne le vendredi soir, seulement s’il fait beau et quand les températures sont clémentes. Les gens viennent de partout, on est reconnus dans toute la région. Tout le monde peut venir jouer avec nous le vendredi soir: on peut venir aussi sans payer la cotisation (30.-chf/an) pour essayer et adhérer ensuite si ça plaît. L’ambiance est très conviviale et tout le monde est le bienvenu! Le prochain tournoi si tout va bien est prévu au 21 août.»

Tu tires ou tu pointes?

Même si l’expression est utilisée dans les deux disciplines, la pratique, elle, est différente. Déjà au niveau du terrain. «La pétanque peut se jouer à peu près n’importe où, un terrain plat et long d’au moins 12 mètres est nécessaire, explique Emanuele Franchini, de la Boule Ferrée Vallée de Joux. Les boules sont plus petites, les jeux sont plus courts et il n’y a quasiment aucune règle, tout est valable du moment où on est le plus proche du cochonnet. La boule lyonnaise est un sport d’équipe en doublette ou quadrette, sur un terrain de 30 mètres et on ne peut pas tirer n’importe comment. Quand on pointe (s’approcher du cochonnet) et quand on tire (enlever la boule près du cochonnet) on doit le faire en l’air, contrairement à la pétanque où on peut faire rouler et shooter la boule si on le souhaite. Chez nous, si on annonce une chose, on s’y tient. Si on en fait une autre, le coup n’est pas valable, on doit tout remettre en place, et forcément tirer en l’air. A la pétanque il y a un cercle, nous on a une ligne, où l’on peut courir et lancer la boule. Quand on pointe on peut se déplacer tout le long de la ligne, mais ne pas la mordre. La pétanque est plus familiale à jouer, et peut se pratiquer n’importe où, à la lyonnaise ce n’est pas possible.»

https://www.boulevalleedejoux.ch