Un été combier sans culture ? Que nenni !

Exposition «Nature et Industrie».

C’était peut-être le cas «avant» mais plus maintenant! Oui, la culture est bel et bien présente à la Vallée de Joux cet été. Et ce, grâce au dynamique comité de l’Essor, qui invite tout un chacun à venir se balader le long de l’Orbe et admirer l’exposition «Nature et Industrie».

Près de 300 personnes sont venues assister au vernissage.

BALADE ARTISTIQUE

Distillées sur 3.5 km, le long de l’Orbe, les œuvres des 31 artistes sélectionnés ont été officiellement inaugurées le 1er juillet dernier, en présence des artistes, des syndics des trois communes et près de 300 amateurs d’art. Une météo clémente, un groupe de musique festive des Balkans de Luc Ramu, trois buvettes à disposition, tout était réuni pour que le vernissage soit une réussite.

Cela faisait plusieurs années que les différents comités qui se sont succédé avaient le projet d’une balade artistique avec des œuvres en 2D et en 3D. Afin de mener à bien ce projet, une association «S’arts, association pour l’essor des arts visuels» a été constituée, qui regroupe les membres du comité d’exposition.

Et tout le monde y a mis du sien, même les élèves de la classe de 6P, de Madame Berney, ont effectué un travail à la craie le long du chemin qui mène de l’œuvre n°1 (Méli-mélo de Raoul Thonney) qui représente le chaos hors contrôle sur notre planète, jusqu’à la deuxième œuvre, «Avis Mortuaire» de Philippe Ioset. Les élèves en 2e, 3e et 4e année d’apprentissage de bijouterie de l’ETVJ ont été sollicités pour créer le visuel de l’affiche de l’exposition et c’est le travail de Chloé Joseph, élève de 3e année qui a été retenu. Tous les autres projets sont exposés dans la galerie de l’Essor du 2 au 19 juillet.

PUBLIC CONQUIS ET CURIEUX

Accessible à tous, cette exposition «réveille les esprits» dixit Luc Ramu, président du comité, et amène le public à s’interroger et partager avec son voisin. Chaque œuvre est lourde de sens et de symbole et tout devient plus clair à la lecture du guide. Comme l’œuvre n°15, intitulée «Bang» et qui a littéralement planté une voiture sur des troncs d’arbres. Créée par Boris Dennler, combier d’origine, artiste autodidacte «j’ai déjà écrasé une Jaguar à Fribourg, avec une dalle en béton, qui fait maintenant office de table, en mobilier urbain. J’ai eu vent du concours et comme je travaille beaucoup sur le recyclage, j’ai eu envie de malmener une voiture, symbole assez fort du consumérisme à outrance, symbole aussi de l’effondrement du modèle industriel actuel: ce n’est plus viable, on ne peut plus consommer à outrance! Petite précision: la voiture, ainsi que les troncs d’arbres viennent de la Vallée de Joux!» Vincent Desmeules, auteur de l’œuvre n°18, «Particules», située sur le chemin vers la Sagne, précise: «ce sont des résidus de déchets artisanaux et industriels. On imagine un gros coup de vent qui les fige dans une forme, une silhouette lugubre et inquiétante, qui regarde en arrière et s’interroge.»

HEUREUX MARIAGE

Un mariage réussi, celui de l’art qui se fond dans la nature, à tel point que l’on se dit que ces œuvres d’art ont trouvé leur place sur ce chemin qui longe l’Orbe, jusqu’à la gare de la Golisse et ce serait dommage de les enlever le 25 octobre. Certaines, malheureusement, sont fragiles et ne passeraient probablement pas l’hiver combier; d’autres en revanche paraissent avoir toujours été là. 

Une magnifique exposition, des emplacements parfaitement choisis pour accueillir chaque œuvre: les Combiers et les visiteurs éphémères de La Vallée ont de la chance de pouvoir admirer avec un œil neuf à chaque fois les sculptures sous différentes lumières et interpréter, chacun à sa manière, le travail des artistes. 

A voir jusqu’au 25 octobre.